« Ténèbres » de Sandrine Périgois

tenebres

Résumé :
Âmes sensibles, s’abstenir ! Ce roman comporte des scènes violentes… à ne pas mettre entre toutes les mains.
Jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour survivre ?
Été 1974
Qui est le ravisseur de Caroline ? Que veut cet homme qui la séquestre et tue à petit feu son humanité ? Comment va-t-elle tenter de survivre dans ce huis-clos, bâti de murs d’angoisse, alors qu’elle perd toute notion de temps et que la folie devient sa seule compagne ?
Une véritable plongée dans les abysses pour cette jeune femme qui est loin de se douter que le passé va la rattraper, pour l’anéantir plus encore.
Dérangeante, étouffante, l’histoire de ces deux âmes va plonger le lecteur dans les Ténèbres.
Présentation de la nouvelle Rouge coquelicot (en fin d’ouvrage) :
Un meurtre à résoudre, une intrigue qui pousse les portes de l’au-delà et franchit le seuil de la démence

 ★ Merci aux Editions Elixyria pour ce SP ★

☆ AVIS DE BELI ☆

C’est un roman qui a suscité bien des émotions contradictoires, j’ai été par moments complètements convaincu par la proposition de l’auteure mais à d’autres moments, je n’étais pas forcément en accord avec certaines réactions des personnages. Du coup, mon avis à la fin de cette lecture est mitigé et surtout partagé.

C’est dans les années 70 que se déroule l’action de cette histoire. L’héroïne, Caroline a la trentaine, elle est professeur et sur le point d’entamer ses vacances d’été. Caroline est une femme qui vit de façon assez isolée des autres, elle n’a que peu de contacts, surtout à cette période avec sa famille, ses amis sont tous partis en vacances, elle n’a pas voulu les accompagner. C’est ce jour-là que sa vie bascule, le récit débute lorsqu’elle se réveille dans le noir, nue, attachée et terrifiée quand les souvenirs refont surface. Elle a été enlevée et pour elle va commencer un long calvaire durant lequel, elle ne saura jamais ce qui l’attend. Ce roman, c’est le récit de sa captivité, nous la suivrons tout du long, découvrant ainsi pourquoi et comment cela se passe pour elle.

La narration se veut unique, nous allons suivre cette histoire du point de vue de Caroline, sans jamais avoir celui de cet homme qui la séquestre. C’est ainsi que nous allons suivre l’évolution de cette captivité selon ce qu’elle ressent. Nous nous posons alors bien des questions sur celui qui est son ravisseur. Cet homme, qui est-il ? Nous allons le découvrir au fil des pages, d’un abord froid, distant et d’une violence sans limite, David semble toutefois partagé parfois par ce qu’il fait. C’est quelqu’un d’assez secret, il n’est pas là pour se confier, il exige, prend et ne rend pas de compte. Caroline va essayer de savoir pourquoi il l’a enlevé ou encore ce qu’il lui réserve, mais elle n’apprend rien pendant une très longue période et il lui fait comprendre aussi qu’elle n’est pas en droit de poser des questions. Le temps file, alors qu’elle en perd le compte et elle se doit de lutter contre la peur, les angoisses et ce qu’elle subit. David ne lui épargne rien, ni violences physiques, ni pressions psychologiques. Caroline se retrouve seule avec sa conscience qui tente de la convaincre d’agir différemment, son passé et ses rapports avec ses parents refont surface par le biais d’interventions, comme s’ils étaient présents pour lui dire quelle conduite avoir. Nous constatons que la situation fait évoluer son personnage, c’est ainsi qu’elle passe de la jeune femme rebelle qui tente de comprendre et de se défendre, à la femme soumise qui choisit de ne plus contrecarrer les plans de celui qui détient sa vie entre ses mains.

C’est alors que certaines réactions et pensées de Caroline m’ont paru ne pas cadrer avec ce qu’elles auraient du être, ou avec ce que j’aurai voulu qu’elles soient aussi peut être ! C’est ce que j’ai pu ressentir à certains moments de ma lecture. C’est aussi très personnel comme ressenti, mais quand une situation en huit-clos nous est présentée ainsi, on s’imagine toujours qu’elles vont être les réactions. Après cela ne m’a pas freiné dans mon envie de savoir ce qu’il allait se passer, et j’ai continué ma lecture jusqu’à la fin, c’est ainsi qu’un certain nombre de points sont expliqués. Le personnage de Caroline ne cesse d’évoluer tout du long, c’est assez intéressant de voir de quelles façons les idées vont se mettre en place dans sa tête, face à cette peur abyssale de l’incertitude du lendemain qui l’assaille.

Entre les deux personnages, va s’instaurer une routine, qui va elle aussi changer avec les mois qui passent. Caroline va apprendre certaines choses qui vont « expliquer » les agissements de David, c’est alors que réciproquement nous comprenons cette haine qui l’habite, même si ses actes vis à vis de sa prisonnière ne sont pas acceptables, les raisons qui le poussent à vouloir faire du mal nous sont dévoilées. Ils vont tous deux changer de comportements vis à vis de l’autre, cette captivité prend un tournant différent quand une sorte de confiance s’installe. David laisse sa part de violence de côté et lui accorde plus de libertés, c’est à ce moment qu’elle va elle aussi, se laisser attendrir et apprécier cette routine. Elle s’est un peu oubliée elle-même, le sentiment de culpabilité mais surtout l’incompréhension et le fait de n’avoir pas su qui engendrent cet état de laisser aller, alors qu’elle devrait continuer de se battre.

Mais la situation continue d’évoluer ! Le récit comporte un certain nombre d’évènements, des révélations aux mauvaises surprises, tout ceci rythme leur histoire à tous deux. C’est un huit clos, où l’angoisse ne quitte pas Caroline, car David semble être quelqu’un d’instable qui ne contrôle pas toutes ses réactions. Malgré mes quelques réticences par moments, je me suis laissée prise par le déroulement de cette captivité, avec toujours l’envie de savoir comment cela a bien pouvoir se finir. La fin est un tout petit peu rapide, mais elle était logique par rapport à ce qu’il s’y passe. L’ensemble reste assez prenant et très marqué par l’évolution des pensées et agissements qui tournent autour du personnage de Caroline.

« Ténèbres » de Sandrine Périgois
Editions Elixyria, collection Thriller Elixir of Crime le 07/12/2018 : 218 pages

NOTE : 3,5/5

2 réflexions sur “« Ténèbres » de Sandrine Périgois

  1. Périgois sandrine dit :

    Merci d’avoir pris le temps de me lire et de faire cette critique si constructive 😉
    J’espère que la nouvelle  » Rouge coquelicot » vous aura satisfaite.

    Très cordialement.
    Amicalement
    Sandrine Périgois, auteure de Ténèbres

    • Beli dit :

      Merci pour votre message. J’ai bien lu la nouvelle « Rouge coquelicot », je l’ai trouvé très intéressante. Il est vrai que je ne l’ai pas chroniqué, j’aurai pu, c’est encore possible d’ailleurs !

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