« Ne crois pas que tu m’aimes » de Alfreda Enwy

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Résumé :
« Il l’a toujours protégée… mais parviendra-t-il à la sauver de lui-même ?
Il s’appelle Mao, elle s’appelle Autumn. Depuis qu’ils se sont rencontrés, enfants, dans ce parc, ils sont inséparables.
Pour Mao, cette amitié est plus importante que tout. Pour Mao, Autumn est la fille la plus précieuse qui soit. Et il doit à tout prix la protéger de la dureté du monde ; ce monde contre lequel il se bat plusieurs soirs par semaine, sur un ring qui n’attend que de voir couler son sang. Car Mao est étudiant le jour, expert des combats clandestins la nuit, et un enfoiré de première… tout le temps. Alcool, filles, fêtes, il voit la vie comme un jeu dans lequel tout est permis… ou presque. Car, quand il prend conscience qu’Autumn est une jeune femme séduisante avant d’être l’amie drôle et attachante qu’il a toujours connue, il comprend que, pour une fois, il va devoir respecter certaines limites. Pour préserver leur amitié, mais aussi et surtout pour protéger Autumn de lui-même… »

 ★ Merci aux Editions Harper Collins pour ce SP ★

☆ AVIS DE BELI ☆

Je lis les romans d’Alfreda Enwy, sans même savoir de quoi ils parlent, elle fait partie de ces auteurs que j’ai plaisir à lire à chaque parution ! Ce roman a une couverture déjà que j’adore : j’aime ce fort contraste de la photo noir et blanc sur fond noir et du texte comme en sur impression dessus, la couleur étant aussi en rapport avec la symbolique du prénom de l’héroïne, je suis fan.

Le roman se compose de deux parties, deux parties qui ont été proposées à la lecture numérique séparément. De mon côté, suis bien contente d’avoir pu enchainer les deux d’un coup, je suis assez peu patiente et vu le cliffhanger à la fin de la première partie, j’aurai été légèrement frustrée de devoir attendre. Vous le comprenez donc, le récit comporte un certain nombre de bouleversements qui vont rythmer l’histoire de ce couple.

Le schéma narratif de cette histoire est assez classique, Alfreda Enwy nous propose de découvrir l’un des thèmes très souvent traité en romance : quand deux meilleurs amis finissent par éprouver des sentiments l’un pour l’autre. Mais malgré les multiples histoires sur ce thème, on aime toujours autant le lire, enfin moi je ne m’en lasse pas, il faut toutefois que cela soit prenant pour sortir du lot et suffisamment capter notre attention. Ici, j’ai donc été assez surprise au début de voir les choses se passer, je ne dirai pas si vite, mais par rapport à la taille du roman complet, assez tôt en fin de compte ! mais c’est alors que je lisais le roman, que je me suis dite que l’histoire allait bien au delà de cette amitié qui migre vers l’amour. Et du coup, j’ai adoré !

Autumn fait la connaissance de Mao, alors qu’ils n’ont pas encore dix ans. Enfants, ils vont se lier d’amitié et vivre ainsi une relation privilégiée des années durant. Dès le début, nous prenons conscience qu’Autumn est une grande soeur pas comme les autres, elle prend soin de son frère et de sa soeur, au delà de ce que l’on attend d’un enfant en charge de surveiller les plus petits. Elle a très vite une maturité dans sa façon de se comporter en protectrice, voulant les préserver au maximum de leur mère et de son attitude néfaste pour des enfants. Cette enfant a une chevelure de feu, mais elle a aussi le caractère qui va avec, elle est décidée, elle affirme sa position et ne transige devant aucune décision à prendre ! En grandissant, nous constaterons qu’elle n’a jamais cessé de les protéger et de les faire passer avant elle, allant jusqu’à s’oublier la plupart du temps. C’est une jeune femme admirative, qui a pris l’habitude de gérer tous ses problèmes, seule, sans demander l’aide de qui que soit.

Mao, c’est un jeune homme qui a perdu sa mère très tôt, héritant d’un père violent qui n’a fait qu’abuser de son innocence d’enfant. En grandissant, il a su tirer son épingle du jeu, et s’affirmer en tant qu’homme, pour s’établir et mener sa vie comme il l’entend. Il a toutefois quelques séquelles aux mauvais traitements qu’il a subi, la violence fait partie de son quotidien et il l’exprime dans des combats illégaux. Son comportement volage fait de lui un tombeur, mais sans jamais s’engager. Autonome, indépendant, il ne dépend de personne et il prend la vie à bras le corps et s’en sort plutôt bien. Mao est d’origine japonaise, un pays qui lui tient beaucoup à coeur de faire découvrir à Autumn. Il a souvent du faire face aux moqueries sur son physique, les différences ethniques pouvant occasionner bien des méchancetés de certains, mais c’est ausi un point qui l’a rapproché de Autumn aux tous débuts : elle, étant intriguée par ses yeux bizarres, à savoir bridés, tandis que lui était fasciné par sa chevelure et toutes ces tâches qu’elle avait partout.

Le physique des personnages est donc un point marquant de ce roman : Autumn est une belle jeune femme rousse, couverte de tâches de rousseurs, qui nous sont si joliment contées que par Mao, qui les adore. J’aime beaucoup la symbolique qui tourne autour de l’automne, avec un prénom, une couleur de cheveux, une certaine philosophie sur tout ce qui s’y rattache. Les références au Japon, liées au personnage de Mao, sont aussi très belles, et l’ensemble forme un tout cohérent et créé une intimité supplémentaire qui ne concerne que Autumn et Mao. Nous découvrons ces personnages, alors qu’ils sont enfants et c’est ensemble qu’ils vont grandir et s’épanouir. La vie n’a pas été facile pour eux, leurs parents sont loin d’être des modèles et il est même regrettable de voir ce qu’ils leur ont fait subir. Mais ensemble, ils ont su s’épauler et se créer ce monde qui les englobe tous deux, d’abord dans une amitié très forte mais aussi dans un amour qui n’a jamais cessé de les animer. C’est tout à fait le type de relation très profonde qu’il est bien agréable à lire. A travers un surnom, une habitude d’un soir autour d’un récit sur un pays, ou encore sur l’acceptation et l’admiration de l’autre, c’est ainsi que leur histoire nous est offerte.

La deuxième partie m’a surprise et j’adore être surprise. La première partie m’a beaucoup plu mais c’est cette seconde qui m’a complètement conquise, par la surprenante tournure de l’histoire. Je m’attendais à lire une romance qui suivait un schéma assez linéaire, avec de belles émotions mais le destin a semé la pagaille dans cette très jolie relation et rien ne s’est passé comme il aurait du. C’est ainsi que malgré les sentiments dévoilés et une belle relation qui débute, les éléments malsains qui les environnent vont venir piéger leur idylle. Mao et Autumn vont ainsi devoir agir de façon à préserver l’autre, aux dépends d’eux même et de leur histoire. Cela occasionne un certain nombre de rebondissements qui vont s’enchainer, rythmant le récit de leur belle histoire d’amour.

La ligne de conduite de l’auteure sur ses personnages est alors très intéressante, car chaque situation nous permet de bien appréhender la personnalité de leur personnage. Nous les découvrons ainsi sous différentes facettes, quand ils sont vulnérables, chacun développe une part d’eux même : la colère, la haine, la peur, la tristesse, bien des émotions qui vont alimenter ses personnages, qui n’aimeraient qu’une chose : vivre paisiblement et sans contraintes. Mao a toujours été animé par une violence contenue, surtout auprès de ceux qu’il aime, mais quand il souffre, il peut être aussi impressionnant, voir effrayant. C’est ainsi qu’il exprimera l’immense détresse qu’il subira face aux événements. Autumn va elle, de son côté, s’oublier encore plus et faire des sacrifices encore plus importants pour régler ses problèmes. Elle permet ainsi aux autres de s’épanouir autour d’elle, alors qu’elle reste et subit son destin tragique et néfaste.

Nous allons suivre ces deux personnages principaux sur plusieurs années, à différents moments cruciaux de leurs vies. A chaque étape importante, ce fut un plaisir de pouvoir découvrir par le biais de la double narration, ce qui les anime et ce qu’ils ressentent tous deux. Autour d’eux, Alfreda Enwy a implanté quelques personnages qui leur sont chers : Dustin et Avery qui sont le fréère et la soeur de Autumn. Lizzie et Cade sont leurs meilleurs amis, chacun ayant rencontré l’autre il y a quelques années, et ils forment tous un groupe soudé. Il fut appréciable de les suivre tous aussi au fil du temps et des années qui ont passé. D’un point de vue de lectrice, je pense pouvoir dire que l’on aimerait beaucoup continuer de les suivre, dans d’autres tomes, notamment autour de Avery, qui est une jeune femme qui a beaucoup subi.

Un roman qui m’a plu, tant dans la description de tout ce qu’il s’y passe, que dans celle des personnages. Leur histoire est belle, mise à mal par l’environnement dans lequel ils ont grandi, qui ne leur a pas permis de s’épanouir comme ils auraient du. Alfreda Enwy nous offre des personnages, à la fois fort et d’une grande maturité, mais tout aussi fragilisés par les épreuves continuelles qui leur font faire des actes inavouables. La teneur de son récit se tient, jamais elle n’a abusé d’une situation ou d’une autre. Il y a de nombreux moments prévisibles, mais d’autres qui ne le sont pas et j’ai trouvé que tout ce qu’il s’y passe offre quelque chose de très équilibré.

« Ne crois pas que tu m’aimes » de Alfreda Enwy
Editions Harper Collins, collection &H le 03/04/2019 : 585 pages

NOTE : 4,5/5

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