« Le temps du labyrinthe » de Pauline Libersart

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Résumé :
Je m’appelle Clothilde… ou, je m’appelais ?
Je ne sais pas.
Je ne sais plus.
Je suis morte, mais j’ai l’impression d’être si vivante. Mon corps est là, mon cœur bat, mon esprit réfléchit. Je crève de trouille à en avoir mal au ventre.
Dieu, la Bible et tout ça, me faisaient bien rire. J’étais trop occupée à mener ma vie sans me soucier d’autre chose. Le paradis, l’enfer, les anges, les démons… Ce n’était que des mots, un fatras pour esprits faibles.
Enfin, c’est ce que je croyais.
Maintenant, je sais que le purgatoire existe. On peut s’y faire des amis sincères, des ennemis impitoyables et même y rencontrer son âme sœur.
Ici, nous l’appelons juste le Labyrinthe.

 ★ Merci à Pauline Libersart pour ce SP ★

☆ AVIS DE BELI ☆

J’ai très souvent lu Pauline Libersart, quasiment tous ses romans mais jamais dans ce genre. Sa plume m’a toujours séduite et j’étais donc très curieuse de la lire dans un genre différent. J’ai commencé ma lecture confiante et pourtant le résumé est assez intriguant, donc il y avait de quoi se poser des questions sur le contenu et le déroulement de l’histoire. Aux tous débuts, j’avançais à tâtons, ne sachant pas encore où j’allais mais cela n’a pas duré longtemps et j’ai été alors complètement happée par la proposition de Pauline Libersart, qui a su encore une fois me captiver avec son texte.

Pauline Libersart commence par nous présenter son héroïne, une jeune femme de bonne famille, à qui tout est servi sur un plateau d’argent. Elle en joue, en abuse et n’a que peu de respect pour les autres. Sa personnalité va de paire avec son physique, elle est belle mais un peu trop superficielle et trop portée sur son apparence : maquillage, tenue hors de prix et j’en passe, tout ceci revêt une importance primordiale pour elle. Elle profite de la vie, n’hésite pas à foncer quoiqu’elle puisse rencontrer comme obstacle et c’est justement un obstacle qui va la propulser bien loin de son monde parfait où elle était choyée et protégée. Ce portrait peu reluisant n’est guère engageant mais il est important de bien comprendre la vie qu’a été celle de Clothilde pour mieux appréhender la suite ! et cette suite va nous projeter notre héroïne bien loin de cette vie si facile.

Clothilde se réveille dans un lieu qu’elle ne connait pas, qu’elle n’identifie pas. Quelques bribes d’un accident lui reviennent, une voiture, un bus, un enfant… que s’est-il passé ? Que lui est-il arrivé ? Qu’est-il advenu de cet enfant ? Clothilde est complètement paumée et son corps commence tout juste à se réveiller, avec ses blessures qui la font souffrir et toutes les questions qui viennent se bousculer dans sa tête et qui n’obtiennent pas de réponses. Ce lieu inconnu ne lui dit rien qui vaille, et très vite elle se retrouve embarquer non plus seulement dans un lieu, mais dans un univers qu’elle ne connait pas. Ce qu’elle sait, c’est qu’ici, elle n’est plus vraiment celle qu’elle était et que sa place va lui être attribuée par un homme qui dirige tout. Nathaniel est un homme plutôt attirant, qui mène un groupe de personnes qui lui obéissent et elle devra se plier aux exigences de ceux qui dirigent, bon grès mal grès ses propres opinions. Dans ce monde inconnu, qui ne lui apporte que peu de réponses sur ses interrogations, Clothilde va observer ceux qui le composent. Des hommes, des femmes, de tous âges et qui se retrouvent ranger dans des cases sociales selon ce qu’ils apportent à leur famille. La famille, c’est ainsi que Jade, la compagne du chef l’appelle et Clothilde en fait partie maintenant.

Nous découvrons au fil des pages, des indices, des semblants de réponses sur ce qu’elle vit. Très observatrice, Clothilde est aussi très directe et peu encline à se laisser dicter sa conduite et marcher sur les pieds. Elle n’hésite pas à tenir tête, et ce n’est pas seulement car elle était de ces personnes pourries gâtées par la vie, mais elle est aussi une femme, qui n’a pas l’intention de se laisser bafouer par les hommes, qui s’imaginent détenir le pouvoir. Et la place de la femme est toujours inférieure à celle des hommes, il est difficile d’oublier ce combat incessant mené par les femmes pour ne pas se réduire à un corps au service des autres. Clothilde se dévoile à nous, loin de sa vie bien confortable dans un monde où elle va devoir se battre pour obtenir ce qu’elle veut, nous la découvrons alors d’une toute autre manière. Sa force de caractère sera son atout majeure, lui permettant ainsi d’éviter des situations bien délicates car ici, on se doit d’obéir aux règles. C’est ainsi qu’elle fera en sorte de choisir un « rôle » qui lui permettra de s’évader loin de ceux qu’elle considère comme malsain et mauvais pour elle.

Et loin de cette famille, il y a un terrain encore plus inconnu pour elle, composé de pièces, d’escaliers et de portes, toujours aussi obscure, sans que la lumière du jour ne filtre et c’est auprès d’un jeune personnage qu’elle va l’explorer. Corentin est un ramasseur et c’est grâce à lui qu’elle va tout apprendre de ce monde : des personnages aux créatures, aux mystères de cet inconnu, il y a tant de choses à découvrir. Elle va apprendre la survie dans ce monde, et elle va elle aussi lui inculquer quelques idées, plutôt contestataires des ordres donnés. Elle fera des rencontres et la connaissance de personnages, tous aussi différents les uns des autres, leurs vies, leurs expériences apportant beaucoup au groupe. Les uns sans les autres ne seraient rien et ils se doivent de s’entraider, chacun exécutant son job. Une société quelque peu archaïque mais face à l’inconnu, c’est la loi du plus fort qui l’emporte et Clothilde compte bien y mener sa barque pour ne pas se laisser écraser par les autres, notamment ces hommes qui tentent de combler leurs plaisirs auprès de celles qui ne peuvent qu’obtempérer.

Tout ceci nous dévoile une Clothilde, bien loin de son monde des facilités. Face aux obstacles, elle s’affirme, jeune femme combattive, elle mettra cette envie de « survivre » au service des autres, elle qui était si individualiste et égoïste. Ce moment, ce temps du labyrinthe, est une véritable aventure, face à l’inconnu, ne sachant pas ce qu’ils vont rencontrer à chaque détour de couloirs. Mais aussi l’affirmation d’une personnalité qui se dévoile et s’affirme, Clothilde s’avère être une plus belle personne que celle qu’elle était dans son monde frivole. Finit le superflu, place à l’essentiel qui permet de découvrir les vrais personnalités des personnages. Clothilde est la narratrice principale de ce récit, mais à travers son regard, nous découvrons aussi d’autres personnages qui ont eu des vies bien différentes de la sienne. Elle ne peut pas faire confiance aux membres de la « famille », tous soumis au joug des plus puissants, mais elle sera s’allier et s’attacher tout comme nous à quelques uns, Corentin en fait parti et contre toute attente d’autres encore, donc un particulier qui vit en autarcie des autres et dont la tête semble être mise à prix.

Si tout au long de ma lecture, j’ai été captivée par le récit, restant sur le qui-vive de ce que vivait l’héroïne ou encore de découvrir ce qu’il allait bien pouvoir lui arriver, la fin du roman m’a énormément plu ! pourquoi ? je ne rentrerai pas dans les détails, ni ne vous en dévoilerais les tenants et aboutissants, non mais sachez juste que tout semble se relier. J’ai trouvé alors que chaque personnage, chacune de leur histoire prend ainsi tout leur sens et j’ai adoré cette fin. Elle m’a complètement séduite. Certains moments sont prévisibles bien entendus mais il y a des petits Plus tellement bien placés, et qui nous rattachent à des personnages que l’on ne pensait ne plus voir, que je me suis beaucoup plu de cette proposition de Pauline Libersart.

Je me suis régalée du récit, très aventurier de l’héroïne et des messages que Pauline fait passer à travers son histoire comme quoi il est toujours temps de changer et que de penser aux autres avant soi, est toujours plus salvateur et bénéfique. Bien d’autres messages passent à travers les autres personnages, qui ont tous quelque chose à réaliser, de l’espoir à l’amour, au courage, bien des aspects de la vie sont évoqués. Le monde proposé est bien pensé : de l’organisation des rangs de chaque personnage, jusqu’à sa fonction établie. Le cheminement de cette aventure vous capture, vous êtes alors happés par la proposition de l’auteure qui prend tout son sens au fil des pages que l’on tourne pour finir par vous offrir toutes les réponses aux questions de Clothilde mais aussi des vôtres. L’aventure est ponctuée d’humour, de plaisir, de peurs, de découvertes à travers ce que vit Clothilde, mais aussi ses autres compagnons, qui comme elle « subissent » leurs conditions. Les personnages qui se dévoilent à nous, se rendent plus proches et plus attachant au fil des pages qui se tournent, j’ai pris beaucoup de plaisir à apprendre à les connaitre et les accompagner. Un roman d’aventures imaginaires, où la réalité reprend ses droits avec lequel j’ai passé un très très bon moment.

« Le temps du labyrinthe » de Pauline Libersart
Auto Editions le 01/03/2019 : 400 pages

NOTE : 4,5/5


Retrouvez ma récap sur ma participation au Blog Tour pour la sortie de Le temps du labyrinthe en auto-édition.

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