Five feet apart de Rachael Lippincott

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Résumé :
Stella Grant a dix-sept ans, et elle a passé une bonne partie de sa vie à l’hôpital. Atteinte de mucoviscidose, elle maîtrise scrupuleusement sa situation, enchaînant les to-do list, suivant ses traitements et les recommandations des médecins à la lettre. Alors qu’elle attend une greffe de poumons, elle retourne à l’hôpital pour quelques semaines.
Alors qu’elle suit sa routine quotidienne, elle rencontre un nouveau patient, Will, atteint par la même maladie qu’elle. Malheureusement, le jeune homme souffre également d’une bactérie fatale qui lui interdit toute chance d’obtenir une greffe de poumons. Si Stella l’attrape, elle peut dire adieu à la greffe.
Les deux adolescents ont donc l’interdiction absolue de s’approcher à moins de deux mètres. Malgré cette obligation, Will et Stella se rapprochent peu à peu et tombent amoureux. Ils doivent alors user de stratagèmes pour semer les infirmières et passer du temps ensemble. Très vite, cette distance entre eux ne rime plus avec sécurité, mais avec punition.

 ★ Merci aux Editions Albin Michel pour ce SP ★

☆ AVIS DE BELI ☆

Les romans Young-adult abordent souvent des sujets forts et qui sont le reflet de la réalité. J’ai lu bon nombre de romans qui évoquaient la maladie et tout ce que cela engendre comme restrictions chez ces adolescents qui devraient découvrir tant de choses et qui ne le peuvent pas, Five feet apart traite de la mucoviscidose. On sait d’ores et déjà, quand on commence ce roman que l’on va forcément être confrontée à des émotions fortes et des moments difficiles.

La première fois que nos deux personnages principaux se croisent, c’est au détour d’un couloir d’un service hospitalier. Will va suivre Stella, car elle a attiré son regard. Will, sur de lui, se présente à elle, mais sa nonchalance est vite confrontée à la froideur de Stella, qui s’est déjà une idée bien précise du personnage quelques instants plus tôt. Mais il lui en faudra bien plus pour laisser tomber et il va insister, pas lourdement mais avec toute la volonté qu’il a de le faire pour percer la personnalité de la jeune fille. Une persévérance qui colle bien avec la personnalité de Will, qui prend tout pour un jeu, et là il va trouver chez Stella, un intérêt certain. Dès le départ, on note bien deux personnalités qui s’opposent mais qui vont savoir se compléter pour leur offrir des moments de partages assez uniques, qui leur permettront de changer d’avis sur bien des choses qui étaient ancrées en eux.

Stella, c’est une jeune fille très organisée, pointilleuse et décidée : elle tient une chaine youtube où elle s’exprime sur sa maladie, tient des listes très bien définies, a créé une application pour la prise de médicaments et va aussi jusqu’à tout organiser sur un chariot pour les avoir à portée de main. Ses parents, sont très à l’écoute de leur fille, ont toujours auprès d’elle pour la soutenir. Will, c’est tout l’inverse, c’est un artiste un peu bordélique, qui aime vivre au grès des interdictions qui lui sont imposés. Les traitements, les médecins, tout l’ennuie et c’est un vrai capharnaüm dans sa chambre. Lui, n’a plus qu’une mère qui s’acharne à trouver la solution pour sauver son fils, et il n’attend que d’avoir dix-huit pour pouvoir tout stopper pour vivre avant que cela ne soit trop tard. J’ai beaucoup apprécié chacune de leur personnalité, elle très terre à terre et très carrée dans ce qu’elle fait, mais toujours pleine de vie et d’envie. On apprécie voir à quel point elle est dynamique et s’entend bien avec tout le monde. Lui, arrive pour la première fois dans ce service, mais il est plus bohème et un peu au dessus des lois. Un contraste bien marqué mais qui plait, car leurs deux personnalités sont très intéressantes à découvrir, c’est aussi leur façon d’être face à la maladie qu’ils nous dévoilent alors dans leurs habitudes et attitudes.

C’est un challenge que se lance Stella quand elle découvre que Will fait un peu n’importe quoi avec son traitement. Il faut savoir que Will ne croit plus en la médecine pour le sauver, lui veut parcourir le monde, tant qu’il en a encore le temps et aimerait arrêter tout cet acharnement thérapeutique. Stella, elle s’insurge, car il bénéficie d’un protocole que d’autres aimeraient avoir, et elle refuse qu’il le fasse mal. D’autant plus, qu’elle l’apprécie bien Will, et l’idée de le voir disparaitre lui procure des émotions auxquelles elle ne veut pas penser. Elle se propose donc de lui organiser sa prise de médicaments avec tous les outils dont elle dispose, et en échange, elle posera pour lui, l’artiste qui passe son temps à dessiner. C’est alors qu’ils vont partager de nombreux moments ensemble, souvent derrière l’écran ou par téléphone, car ils n’ont pas le droit d’être en contact, pour de multiples raisons. Mais ils arriveront tout de même à se voir, à braver les interdits, nous offrant des moments très forts, où toutes les émotions se font violences pour ne pas qu’ils se rapprochent de trop. Un perpétuel combat de chaque instant pour ne pas céder à cette attirance.

L’auteure nous propose alors bien des scènes que j’ai trouvé très belles et très symboliques de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils traversent et éprouvent. J’ai beaucoup aimé tout ce que cette histoire a pu proposer comme sorte d’alternatives au fait de ne pas pouvoir se toucher. Will et Stella ont conscience du danger, mais ils continuent de se voir, car c’est la première fois qu’ils éprouvent quelque chose pour quelqu’un d’autre. Il est difficile de lutter contre les émotions, les attirances, ce truc magnétique qui les pousse à vouloir s’approcher l’un de l’autre, ce besoin de sentir les bras de l’autre autour de soi. Je crois que tant que l’on ne vit pas cette interdiction de toucher une autre personne, on ne peut pas se rendre compte à quel point ça peut devenir viscérale de le faire. C’est très dur de les lire, de voir qu’ils auraient, eux d’autant plus, besoin de réconfort physique et qu’ils n’y ont pas le droit. Alors entre satisfaire cette envie et risquer de mourir, ou se restreindre et continuer d’espérer, il faut choisir, et choisir peut causer beaucoup de peine. J’ai été très touchée par ce que les personnages de cette histoire ont pu vivre et ressentir et de voir aussi la maturité qu’ils ont, malgré certains côtés très adolescents, qu’ils ont face à ce qui leur arrive.

Une histoire qui ne peut que vous émouvoir, que l’on connaisse ou pas la mucoviscidose, on ne peut qu’être touché par ce que vivent ces deux personnages. Le récit nous plonge en plein coeur de leur réalité, celle liée à ces moments où ils sont hospitalisés : un rhume, une bactérie, des poumons trop faibles et leur vie se met sur pause pour un petit séjour à l’hôpital. Les services hospitaliers, leur deuxième maison, les membres de l’équipe médicale, une deuxième famille. Cette maladie engendre des conditions de vie difficiles, et ceux qui en sont atteints sont restreints dans tout ce qu’ils font, on le découvre auprès de Stella, Will et d’autres personnages. D’autres personnages qui deviennent important et qui ont leur rôle à jouer au sein de cette histoire, ils sont aussi très intéressants à suivre.

On est transporté par les moments de folies qui les poussent à agir comme les grands enfants qu’ils sont, bravant les restrictions pour mieux s’amuser et profiter. On sourit à leur audace, même si l’on sait que ce n’est pas « bien » mais on comprend aussi le besoin qu’ils ont de vivre. On se nourrit de cet espoir qu’ils vont s’en sortir, que les 35% ne chuteront pas, qu’une paire de poumons viendra les sauver, ou que le protocole en cours va marcher. Et on se plait de cette complicité unique qui les unit tous, ceux qui sont malades et qui ne peuvent être compris que par les leurs. Du rire, de belles émotions nous sont contées à travers ce récit, et cela nous permet aussi de mieux comprendre ce que vivent les personnes atteintes de cette maladie.

C’est un très beau roman qui m’a beaucoup ému, je me suis bien plu à découvrir les personnages de cette histoire et j’ai d’autant plus apprécié les moments qu’ils ont partagé ensemble. Avec toujours la main sur le coeur, de peur de ce qu’il va advenir de leur avenir, avec cette épée damoclès au dessus de leur tête : la mucoviscidose. J’aime beaucoup lire ce type de romans, car ils nous permettent d’en apprendre plus sur une maladie que l’on connait mais pas tant que ça, et puis à travers de jeunes personnages, l’impact n’en est que plus intensifié bien évidemment. Je suis assez curieuse de voir ce que peut donner l’adaptation au grand écran, je ne sais pas si une sortie en France sera prévue, mais j’irai la voir avec plaisir et curiosité !

Five feet apart
De Rachael Lippincott
Editions Albin Michel
Broché 320 pages
Sortie le 12/06/2019


Trailers de l’adaptation cinéma

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