Résumé de l’éditeur :
“Fleuris là où tu es plantée.“, c’est le conseil que Christine Bolz reçoit de sa grand-mère, sa bien-aimée Oma. Mais Christine, 17 ans, domestique, sait que le monde entier l’attend au-delà de son petit village allemand. Un monde qu’elle a commencé à apercevoir grâce à la musique, aux livres et à Isaac Bauerman, le fils cultivé de la riche famille juive pour laquelle elle travaille.Pourtant, l’avenir qu’elle et Isaac rêvent de partager fait face à de plus grands défis que leur différence de niveau social. À partir de l’automne 1938, l’Allemagne se transforme rapidement sous le régime hitlérien. Des affiches anti-juives pullulent, les rébellions sont réduites au silence et une nouvelle loi interdit à Christine de reprendre son travail chez les Bauerman et d’avoir une relation avec Isaac. Durant les mois et les années qui vont suivre, Christine va affronter la colère de la Gestapo et les horreurs de Dachau, désespérée d’être avec l’homme qu’elle aime, de survivre et de s’exprimer.
“Là où sont tes racines trouvera une bonne place sur vos étagères, aux côtés de Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay et de La Nuit d’Elie Wiesel.“ The New York Journal of Books.
Sorti de ma PAL, ce roman avait rejoint la longue liste des romans sur la seconde guerre mondiale que j’achète depuis des années sans avoir le temps de les lire. Je suis très contente de pouvoir les sortir un à un pour les découvrir. J’ai plusieurs romans des éditions Faubourg Marigny qui sont dans ma PAL, j’aime beaucoup leur collection et j’apprécie acheter leurs romans. Maintenant je vais pouvoir tous les sortir pour les découvrir.
Si j’ai trouvé les débuts un peu longs, avec ces marqueurs temps qui m’ont donné l’impression de survoler l’histoire, j’ai vite compris l’intérêt de la chose. En effet, l’autrice encre son histoire dans une période définie, celle de la seconde guerre mondiale et en nous contant les débuts de cette dernière, elle a souhaité nous montrer son évolution et son impact sur le peuple allemand. C’est progressivement qu’ils vont subir cette guerre, l’Allemagne ne se résumant pas au parti nazi, le peuple a lui aussi été confronté aux conséquences de cette guerre. Les débuts sont donc plus lents, il a fallu que tout se mette en branle pour que la situation s’installe. Après coup, une fois en pleine connaissance de la situation mais aussi en ayant pris le temps de bien connaitre les personnages, j’ai été happée par l’histoire de l’héroïne à travers tout ce que ses proches et elle vont vivre.
Le récit est alors prenant, il vous capture dans ses filets, nous propulsant au coeur d’une guerre. À travers les différents personnages, on s’intéresse à plusieurs sujets touchant les spécificités de cette guerre. De l’obligation à servir un pays à la soumission d’un peuple qui ne se sent pas le droit de revendiquer son désaccord, de la persécution d’un peuple à son extermination, en traitant cette époque au coeur de l’Allemagne, on donne à plusieurs personnages la possibilité de prendre la parole, nous racontant comment ils ont vécu la guerre, dans la peur et le danger. Ils étaient allemands, mais pas forcément nazis et j’ai trouvé cela très intéressant de pouvoir lire tant de sujets à travers eux. L’utilisation de la narration à la troisième personne offre un champ des possibles sans limites, ce pourquoi ce type de récit l’utilise avec intérêt et maitrise.
Nous débutons le récit en 1938, à Hessental, un petit village dans le sud de l’Allemagne aux côtés de Christine Bölz et sa famille. Christine est allemande, elle a dix-sept ans et elle vit paisiblement avec sa famille, ses parents et ses frères et soeurs. Elle est domestique avec sa mère chez la famille Bauerman tandis que leur père exerce le métier de maçon, leur famille n’a pas beaucoup d’argent et ces emplois leur permettent de bien s’en sortir, surtout avec les heures sombres qui s’annoncent. Tous ensemble forme une famille aimante et soudée.
La famille pour qui sa mère et elle travaillent est juive, le père est avocat et très vite avec l’arrivée au pouvoir du nazisme la condition des juifs va changer. Elles vont être contraintes d’arrêter de travailler pour eux, perdant ainsi deux rémunérations importantes dans leur vie mais aussi un emploi stable auprès de gens respectueux avec qui ils s’entendent bien. Christine a aussi créé des liens forts avec leur fils, Isaac qui espère bien que leur idylle puisse être vécu au grand jour. Il vient justement de l’inviter à une soirée que donne ses parents dans leur demeure, mais les lois anti-juives vont venir ternir cette relation à laquelle tous deux croyaient. Elles n’autorisent plus les relations entre juif et allemand, Christine et Isaac n’ont plus le droit d’être ensemble. C’est en secret qu’ils continueront de se voir jusqu’au moment où cela ne sera plus possible.
À travers ces moments de la guerre, ces débuts qui spoilent le peuple juif de leurs droits, nous serons spectateurs de l’humanité déclinante d’un parti nazi qui domine les autres en imposant des lois qui poussent les allemands à être des aryens pure souche, les cloisonnant plus encore des autres pays. La fougue de la jeunesse et de l’amour, l’espérance que tout rentrera dans l’ordre et le refus de croire au pire pousseront ces personnages à continuer de s’aimer malgré tout. Mais il est difficile avec toutes les restrictions imposées, avec cette surveillance constante des milices de se cacher et de vivre librement.
C’est à travers la relation naissante entre Christine et Isaac que nous pourrons explorer comment la vie des allemands a changé avec les nouvelles lois instaurées par le régime nazi. On le sait, les juifs ont subi une ségrégation sévère, visant à l’élimination de leur peuple, mais avant cela, tout s’est fait progressivement et à l’époque la plupart croyaient en leur appartenance à un peuple et n’ont pas pu imaginer une seule seconde ce qu’il allait se produire. Les allemands non juif, ont eu pour consigne de ne pas se lier à ces derniers, la règle était simple : la race aryenne ne devait pas être sali par les juifs. Toutes relations étaient interdites, ce qui a une incidence certaine sur leur relation, devenue alors interdite.
Quand on lit ce type de roman qui se déroule sur plusieurs années aux côtés de plusieurs personnages appartenant à une même famille ou encore à un même cercle, on est embarqué dans le récit de plusieurs vies. On n’a qu’une envie, c’est de les accompagner tout en espérant qu’ils survivront à ce qu’ils vont vivre, surtout ici, on connait les grands faits historiques donc on sait à quelles genres de situations ils vont être confrontés. On s’attache à eux, on les voit pour les plus jeunes, grandir, murir parfois trop vite et on espère qu’ils pourront vaincre les horreurs qu’ils vont subir.
C’est le premier roman que je lis d’Ellen Marie Wiseman, j’ai beaucoup aimé sa plume. Cette histoire m’a plu, j’avoue l’avoir dévorée tant je n’avais pas envie de refermer ce livre. J’ai beaucoup apprécié de lire à la fin du roman, les mots de l’autrice sur son travail autour de ce roman. Je l’ai déjà dit à propos d’autres romans du genre mais pour moi c’est essentiel qu’un auteur de ce type d’histoires nous dise comment elle a été écrite, pourquoi aussi mais surtout quels sont les faits réels ou encore ceux qui ont été aménagés pour les besoins du livre. Pourquoi ? Car chaque lecture du genre aborde une époque qui fut réelle et que j’ai toujours à coeur d’en apprendre plus sur ce qu’il s’est passé, donc je ressens le besoin de savoir le vrai du faux, pour encore en savoir plus sur cette guerre.
Classification de ce roman. Sur le blog, je classe les romans dans des cases, romances ou pas, historique, contemporaine, fantasy… mais avec les romans comme celui-ci, je me retrouve toujours indécise quand à savoir où les ranger. Parce que ce sont des romans historiques, mais que parfois on peut les classer en romances historiques mais j’ai toujours peur que cela ne leur enlève de l’importance quand aux sujets évoqués. Après très souvent, c’est la romance entre des personnages qui permettra à ce roman d’être, donc à mon sens ce n’est pas le dénigrer que de le classer dans cette catégorie. J’écris ces mots sans savoir où je le mettrai, peut-être dans plusieurs catégories.
Là où sont tes racines
D’Ellen Marie Wiseman
Editions Faubourg Marigny
Broché, grand format de 495 pages
Sortie le 14/03/2023
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Disponible en poche chez Pockett (14/03/2024)




